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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 20:21

graphic.JPG

Quelles sont les étapes d'un processus graphique efficace ?
Quelles décisions et quelles actions favorisent le geste créatif ?
C'est l'objet de ce site, qui s'adresse aux étudiants comme aux
concepteurs : mieux comprendre l'inspiration dans le graphisme.

 


 

Pour un graphiste, chaque projet créatif comporte
un triple enjeu : convaincre un public, satisfaire 
son commanditaire et se démarquer en tant que créatif.
Dans la pratique, le succès du projet créatif se mesure
souvent à la pertinence de son concept.

Ce challenge impose au graphiste de respecter
une logique de travail, un processus créatif.
Selon moi, ce processus comporte 4 temps :
1. Le développement d'une maturité personnelle.
2. L'attention à son client et au contexte.
3. La recherche de sens.
4. Le soin apporté à la réalisation.

Par Ruben
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 20:21

La créativité s'alimente bien en amont, par l'observation,
la réflexion et la connaissance de soi.

 

L'intérêt est le sentiment de curiosité à l'égard de quelque
chose, l'agrément qu'on y prend. Si vous observez quels champs
des arts graphiques retiennent votre attention, vous constatez
que vous êtes attirés par le design, la mode, la littérature,
la communication, l'art, l'histoire, le commentaire, le savoir-faire
ou la technique...
Cet intérêt nourri et inspire directement votre
production dans un sens ou un autre.
Si vous n'arrivez pas à un niveau de réalisation satisfaisant selon
vous, il y a sans doute un décalage entre ce qui vous passionne
au quotidien (par exemple l'histoire de la typo...) et ce que vous
admirez par dessus tout (le design,
l'usage innovant de la typo).

En observant votre inclination, votre penchant naturel, vous
comprennez mieux votre approche du graphisme, et ses
conséquences logiques sur votre travail.

alizeevallade 

Cette jeune graphiste, Alizée Vallade, a su identifier son univers
personnel : "... mes inspirations représentent tout ce qui m'entoure
et tout ce qui peut éveiller ma curiosité naturelle. Pour figer de telles
images, des moyens simples comme le dessin et la photographie." 
alizeevallade-designer.com



L'analyse ou la reproduction d'exemples admirables
permettent au graphiste de comprendre et de s'approprier
une démarche ou le geste d'un auteur (à l'instar du copiste
en peinture). La compréhension du graphiste est achevée
quand il arrive à mettre des mots clairs sur cette démarche.

 

L'archivage et le classement de sources d'inspiration servent
au graphiste de « boîte à outils » pour ses futurs projets.

 

L'intention est la philosophie de travail. Les artistes
reconnus font des choix clairs. Leur travail est porté par
un courant de pensée (fonctionnalisme, post-modernisme,
déconstruction, punk... )

Pouvez-vous résumer votre démarche, votre vision du métier
et citer vos références ? En quoi votre approche du métier
(par exemple la réponse fidèle à une commande) diffère-t-elle
de celle d'autres créatifs (le renversement du brief) ? Cela
dépend évidemment du caractère du graphiste, chacun devant
s'accepter et trouver sa voie en conséquence. En clarifiant
votre intention, cherchez aussi la part de plaisir quotidien
indispensable à ce travail, plutôt que de suivre un idéal de
réussite qui ne vous correspond pas dans le fond.

WhoopieGoldberg
Annie Leibovitz s'attachait à trouver des "idées toutes simples" ,
comme ici "une Noire qui sort d'un monde de Blancs".


Avoir quelque chose à dire
est le pré-requis de l'acte
artistique, dit-on. On peut, plus prosaïquement, penser
amener quelque chose de différent, de meilleur ou de plus
personnel, dans tel ou tel domaine du graphisme. Cela vous
aide à diriger vos efforts vers des projets où votre apport fera
une vraie différence.

Neville.JPG 

Sur Etapes.com, l'injonction de Neville Brody à se recentrer
sur soi, sur l'émotion, la narration, l'engagement, l'objectif.
Une quête du sens, au moment ou Flickr atteint les 4 milliards
d'images stockées...

La culture suscite l'intérêt et éclaire l'intention. Une
meilleure connaissance de l'histoire et du présent affine
la perception et guide les choix. La transposition d'éléments
connus d'un domaine à l'autre est la base de la créativité.

Avez-vous quelques références culturelles (livres, articles)
pour inspirer votre démarche personnelle ?

designtypofloubr thumbnail

Design & Typo, le célèbre blog de Peter Gabor contient des analyses
de référence qui décodent les courants graphiques. Un "classique"
de la culture sous forme virtuelle.

L'outil
n'est pas une fin en soi, diront certains. Mais le bon
sens oblige à faire avec l'outil ou les talents que l'on maîtrise.
Beaucoup d'artistes ont ouvert un vaste potentiel à partir d'un
seul médium. D'autres ont su accepter et contourner leurs propres
limites. Par exemple, Pierre Faucheux ne se sentait pas les

compétences d'un illustrateur, mais du coup il tirait parti de

la moindre bribe d'iconographie déjà existante à sa disposition.

Avez-vous recensé des exemples variés d'expression, à partir

du même outil que le votre ?

 

Tenir un carnet de notes ou de croquis, une chemise de
coupures de presse ou un blog,
fait avancer votre réflexion
et enrichit votre réservoir d'idées personnelles. Là encore, il
reflète vos inclinations, et peu importe si son contenu est plus
théorique ou plus pratique, du moment que vous en tirez parti
pour mieux travailler.


Dora maltz admirable design 2007-10-28-df621

Paru dans AdmirableDesign.com, un extrait d'un des nombreux
carnets de Dora Maltz. La banalité du sujet n'a pas rebuté la designer
qui en tire une composition originale qui joue avec la gouttière .


L'expérimentation est la part d'aléatoire, qui seule peut
déboucher sur des voies nouvelles. D'une manière générale,
elle permet de développer tel ou tel aspect singulier de votre
approche, d'élargir son horizon. Souvent écartée car non
productive, elle est malgré tout intégrable en phase de recherche
de vos projets. Expérimenter signifie être relativement détaché
et détendu. Êtes-vous assez confiant pour perdre un peu de temps ?

 

L'ouverture d'esprit, le détachement, la liberté de pensée,
sont l'oxygène du créatif. Pour exemple, les étudiants du RCA
de Londres font au tout début de leur cursus un passage obligé :
un premier projet dont la consigne est : « lâchez-vous ! ».

JP one
La manière de peindre de Jackson Pollock nie tout contrôle.


 
Arriver à une maturité graphique n'est donc pas le fruit
du hasard. Celle-ci est le fertilisant de vos futurs projets.
Vous pouvez déjà réaliser une planche conceptuelle d'après
les éléments ci-dessus, en y intégrant tout ce qui peut vous
résumer et vous connecter profondément à vous même.
Cela vous donnera des repères personnels pour naviguer
dans le vaste espace du graphisme.

bl4-18-05SLU GraphicDesignShow-72 

Par Ruben
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 20:20
La créativité s'applique souvent dans un cadre donné,
en
réponse à l'attente d'un
commanditaire qu'il convient
de bien entendre.

 

Le brief est le guide central du projet créatif.
Il en rappelle à tous les interlocuteurs les éléments
fondamentaux : l'identité, la marque, les valeurs,
la charte graphique, le style, le ton, la logique du projet,
la problématique, l'objectif, les exemples, l'existant,
la concurrence, la cible, les délais...

Exiger un brief clair reflète le niveau du graphiste.
Faites parler le commanditaire : son intention mérite
toujours d'être précisée, malgré l'évidence apparente.
Ne fuyez pas la question du délai, développez plutôt
votre capacité à gérer des éléments factuels.


Les valeurs de marques, le territoire de marque,
sont parfois sous-estimés, incompris ou indéfinis par
le client lui-même. On peut résumer ces valeurs sous
la forme d'une planche conceptuelle (planche de définition
de la marque). En les ré-affirmant, on continue de développer
la marque dans la logique qui a fait son succès. Beaucoup
de graphistes gardent l'ascendant sur le client en lui offrant
du « sur-mesure », inspiré par ses valeurs fondatrices.
Que faites-vous pour votre client qui ne puisse être fait ailleurs ?

La marque peut aussi s'adresser à un graphiste original pour
s'en approprier l'image. Celui-ci doit alors conserver quelque
distance, sinon il associe son style à celui d'une entreprise.

Valeurs-Arte.JPG
Arte fonde sa démarche sur des valeurs claires, ensuite traduites
par les mise en page.

patagonia-winter2008-erikaskiing
Patagonia : un territoire de marque au sens propre comme au figuré.

TransformerBriefSochiTransformer.jpg
Le respect de références solides donne au projet une légitimité indiscutable.

La problématique est la principale question dont dépend
la réussite du commanditaire, à un moment donné. Le graphiste
y contribue en exprimant son analyse et sentiment : « Je pense
que l'enjeu principal, pour vous, c'est... »

On dit souvent qu'une intuition doit émerger rapidement,
sinon le projet sera laborieux. Le graphiste doit en tout cas
être attentif au ressenti et aux idées spontannées qui lui arrivent
lors du brief.


L'objectif créatif est encore plus important que le brief,
car il synthétise l'enjeu une bonne fois et pour tout le monde.
Il s'énonce comme
une question ouverte autour d'une seule
idée (pas de et), compréhensible par un enfant de 12 ans :
« Comment démontrer par tel support que... »

Faute d'un objectif précis, vous n'irez pas à l'essentiel et gaspillerez
votre énergie. C'est le fil conducteur devotre travail, à se remémorer
régulièrement.

Cible

Le commanditaire, de par sa personnalité, a parfois tendance
à réinterpréter les valeurs de s
a marque, ou à influencer le projet
(« le moderne, c'est ça ! »). Or, c'est lui qu'il faut convaincre
au final, car on ne travaille pas dans l'absolu. C'est une donnée
à prendre en compte. Beaucoup de graphistes pensent d'ailleurs
que le client contribue à 50% du résultat, ou distinguent commandes
alimentaires et travaux intéressants. En outre, certains milieux
(culture, luxe, architecture, cinéma) sont plus propices à la qualité
artistique. Malgré tout, il est toujours possible de proposer
des
solutions complémentaires qui vous satisfassent, sans toutefois
trop s'y attacher. Comme le dit Massin, convaincre consiste souvent
à laisser entendre qu'on à LA solution à la problématique.



 

La créativité se canalise donc au service d'un commanditaire.
Bon nombre de difficultés dans le travail sont en réalité la
conséquence d'une mauvaise attention au besoin de l'interlocuteur.

Par Ruben
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 20:20

Une fois l'objectif créatif précisé, la vision du graphiste s'évase,
puis se concentre à nouveau sur un concept créatif.

 

La recherche de sens, d'information, est l'appropriation
du projet
par le graphiste. Si l'objectif est une direction,
la recherche est une ressource pour le travail créatif. Elle
permet de mieux comprendre, de dépasser les lieux communs
et de donner au sujet un angle actuel, profond, pertinent, original.
Elle aide à gagner le respect de l'interlocuteur par l'implication
dans la problématique.


L'inspiration se stimule par une planche de tendance
autourdu thème traité. Elle donne du souffle au projet,
permetau graphiste de travailler
à partir d'un certain niveau
de réalisation
, plutôt que de démarrer d'une page blanche.
Elle oblige à se connecter à l'air du temps et élargi le style
personnel. N'importe quel détail susceptible d'inspirer une
mise en page y a sa place. Toutefois, c'est en suivant le besoin
du projet et en multipliant les sources d'inspiration qu'on évite
l'écueil du plagiat.

moodboard
Exemple de planche de tendance.

Le brainstorming est la recherche tous azimuts de réponses
à l'objectif créatif. Il s'agit de coucher sur papier une grande
quantité d'idées créatives, sans porter de jugement de valeur
ni d'attachement. Pour faire émerger des idées innovantes,
on utilise l'association libre de pensées, l'allégorie, le contrepied,
la rupture ou la provocation, selon sa philosophie créative.
L'échange libre avec d'autres personnes stimule aussi
(les concepteurs en agence travaillent en duo). La quantité
est le but de cet exercice, un tri sera fait après. De simples
croquis suffisent pour exprimer les idées.
Le brainstorming
demande de persévérer. A ce stade, faire des erreurs est un
droit, voire même un devoir.

pub
Cet ouvrage est un catalogue de questions et d'exemples suscitant
des réponses créatives à des problématiques publicitaires.

Le tri est la sélection des meilleures idées à développer,
critiquer et consolider, pour les présenter au client.
Un retour au brief et à l'objectif est indispensable pour
tester la validité des pistes retenues. La présentation
à ce stade n'est pas forcément aboutie, pour exprimer
la spontanéité de la démarche.


Le concept traduit la solution créative. On répond
à un objectif clair par un concept clair et bien formé.
Cette justification en quelques mots achève de convaincre
les esprits de laforce de l'idée. Elle est inutile pour d'autres,
qui préfèrent ne rien dire et laisser le projet produire son
émotion de lui même.

1111
La force de ce concept par Marc Atlan donne au parfum
une image singulière et provocatrice.


 

Une idée originale et porteuse de sens, le concept,
est donc la locomotive du projet créatif. Souvent,
le reste du projet se décline de cette idée principale,
comme on déroule le fil d'un cocon de soie.

Par Ruben
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 20:19

Fort du concept retenu, le projet créatif est décliné et finalisé.


La préparation en amont des éléments (mise en page
prévisionnelle du texte, discussion avec l'imprimeur,
vérification des images, échantillons, tests de couleur)
évite les mauvaises surprises de dernière minute.


Le croquis ou les essais en basse définition,
permettent de rapidement tester et valider ses choix.
Ils offrent une répétition générale du projet avant
sa mise en œuvre. Ils libèrent de la complexité de
la réalisation, pour se concentrer sur la cohérence
de l'ensemble et les principes qui le sous-tendent.
Des croquis au gros trait ou au format timbre-poste
aident à dégager les lignes de force du visuel.

layout-and-composition florida-country-tile-layout-sketches


Les validations intermédiaires
avec le commanditaire
de divers
roughs, de double-page type, sont indispensable
au cours d'un projet, qui rappelons-le, se construit à plusieurs.


Les 4 constituants d'un projet créatif sont :

  1. La reconnaissance de l'identité de l'émetteur :
    si le commanditaire ne se reconnaît pas dans le projet,
    il aura le sentiment que le résultat ne lui profite pas.

  2. Le message : le projet doit avant tout délivrer une
    information ou une intention claire au récepteur
    sous peine de ne pas être compris.

  3. La logique du support : les usages, les codes,
    sont différents d'un support de communication
    à un autre (par exemple, la logique d'une affiche
    n'est pas tout à fait celle d'une page publicitaire).
    Le respect de ces usages garanti que le support
    « fonctionne ».

  4. L'adaptation au récepteur : le message, le ton,
    la présentation doivent être adaptés à la cible
    pour qu'elle se sente concernée par l'information.

Le concept créatif donne son aspect unique et original
à tout ou partie du projet de communication.

Fleche-copie-1.jpg

On peut comparer ces 4 constituants à une flèche,
porteuse d'un message enroulé dessus :

  1. l'empannage reflète l'identité de l'émetteur ;

  2. le message enroulé est l'information à délivrer ;

  3. le fût est le support (fonctionnel) de communication ;

  4. la pointe vise une cible, un lecteur.

Cela forme un tout : le projet de communication. Chaque
constituant peut être tour à tour négligé par par le graphiste,
par oubli, ou par la radicalité de sa démarche. Cela ne signifie
pas que le résultat sera mauvais, car même une absence de
titre, un message obscur ou un support inhabituel peuvent
faire le succès de leur commanditaire, par effet de surprise.
Mais dans de nombreux cas, le non respect de ces règles

simples rend le projet moins efficace.


Le regard critique est la capacité à se détacher
de son projet pour le redécouvrir avec un œil neuf
et le juger. On en devient le spectateur. Quelle première
impression le projet dégage-t-il ? Sans autre explication,
le projet est-il compréhensible ? Donne-t-il envie ?

Il faut faire confiance à sa première intuition, et ne pas
se laisser « endormir » par la mise en page. Car l'œil
se réadapte et n'est plus choqué par les défauts au bout
d'un moment. De même, avoir le courage de corriger
immédiatement, malgré le temps déjà passé dessus.

 


L'évaluation
est le jugement du projet à la lumière
du brief et de l'objectif. Des points restent-ils à peaufiner
selon vous, selon le commanditaire ou selon un observateur
détaché ? Si vous ne faites pas cette autocritique avant la
parution, les points faibles réapparaîtrons sous forme de
commentaires des usagers ou du client, après coup, avec
un sentiment de déception en prime.
On peut aussi rappeler l'importance la relecture ou la
recherche de travers dans le projet :

brazilian.jpg
Un double sens malheureux pour ce logo !
Un tel résultat apprend sans doute à lire entre les lignes...


 

Une réalisation réussie implique donc une capacité
à être à la fois acteur et spectateur de son propre travail,
et d'alterner esprit logique et esprit critique.

 

Par Ruben
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